
Zigzag : n.m. Ligne brisée formant des angles alternativement saillants et rentrants. Le robert quotidien.
Zigzag, est un cabaret d'interventions associant des artistes de différentes disciplines : comédiens, musiciens, vidéaste et plasticien… Pour ZigZaguer autour d'une question : « Que partageons-nous ? »
Que partageons-nous dans l'espace du théâtre avec nos outils singuliers et respectifs et puis bien sûr en tant qu'hommes et femmes qui habitons aujourd'hui ce monde.
Ensemble, nous nous abreuvons à plusieurs sources, nous engageons un processus de recyclages, d'assemblages, de collisions d'ingrédients à priori hétérogènes : -Les images et les sons qui pénètrent par nos boîtes aux lettres, nos radios, nos écrans de télévision et d'ordinateur, le grand jus commun et quotidien dans lequel nous baignons. Il s'agit d'en ramasser les éclats, de les regarder, les écouter autrement, comme des insectes à la loupe, un cœur au stéthoscope, de modifier la distance que l'habitude et la répétition nous ont fait oublier, les sortir de leur contexte, les presser comme des citrons et regarder ce qu'ils ont dans le ventre. Nous recyclerons pour ce faire la littérature des prospectus, de la presse écrite, des statistiques, des journaux télévisés et radiophoniques. Voilà pour le Zig. -Le Zag est une visite aux sources fécondes et ludiques de la poésie, de la littérature, de la musique populaire ou « savante », aux écrits de philosophes et de penseurs contemporains. Le corpus textuel et musical est composé de : Charles Pennequin, Tristan Tzara, Henri Michaux, Jacques Rebotier, C.Tarkos, Jean Baudrillard, Gabriel Fauré, Michael Jackson, Barbara, Elvis Presley…
Entrelacer différents fils, zigzaguer entre opinion et poésie, chansons et improvisation, se mettre aux points de tensions, et surtout jouer de ce qui nous passe par les yeux et les oreilles pour dessiner un paysage de là où l'on se tient, dans un monde de plus en plus complexe, qui ne se laisse attraper que par bribes, par fragments.
« Cabaret d'interventions » est la définition d'une forme qui emprunte à la performance, au concert littéraire, au music-hall où se succèdent des numéros, au théâtre à sketches de Karl Valentin. C'est une suite de séquences qui s'emboîtent ou rompent les une avec les autres, une forme qui permet de travailler par fragments, de changer d'énergies et d'émotions d'un moment à l'autre.
Céline Thiou
Le travail s'envisage en séquences comme pour le montage d'un film. Dans un premier temps nous nous retrouvons avec nos outils : voix, corps, instruments de musique (guitare électrique, batterie, percussions), ordinateurs, vidéo projecteur, écran de projection, pédales de boucles, logiciels de sons et de vidéo, et une somme non-exhaustive de matières textuelles musicales et vidéo. Les matières sont butinées pour une part au quotidien de la société de consommation dans laquelle nous baignons : prélèvements télévisuels, radiophoniques, publicitaires, internet… Les textes et chansons sélectionnés sont soit en rapport thématique avec la société de consommation, soit ils s'appliquent au contraire à débusquer l'invisible. Dans tous les cas les outils utilisés sont les mêmes, le langage est l'outil des publicitaires comme celui des poètes, le son et l'image sont les outils de la télévision et de la publicité. Il ne s'agit pas de jouer d'une utilisation saine contre une utilisation nécrosée, mais plutôt de se coltiner aux outils et aux matières pour se déplacer et de proposer par collage, découpage, désynchronisation (des corps et des voix, des images et des sons…) une autre manière de les entendre pour les écouter, de les regarder pour les voir.
La proposition scénographique
Des images prélevées dans un ancien catalogue Manufrance, à l'époque où les objets n'étaient pas encore photographiés mais dessinés : téléviseur, voiture, frigidaire, téléphone, four, outils en tout genre (mécanique, jardinage…). Ces objets seront imprimés à leur taille réelle et leur image collée sur du contreplaqué. Des objets plats à taille réelle, ils seront utilisés sur le plateau dans l'esprit des premiers décors peints de théâtre, réduits à une image à deux dimensions.
Partenaires de production : Conseil Régional des Pays de la Loire, Conseil Général de la Sarthe (Résidence au Prieuré de Vivoin), résidence à L'Ecluse (Le Mans), résidence à La Fonderie (Le Mans), résidence au Théâtre Epidaure (Bouloire), NBA Spectacles (co-production), résidence au Théâtre Scarron (Le Mans), Théâtre de l'Ephémère (co-production).